Cus D’Amato : Ton Mental Détermine tes Progrès en BOXE

Il est fascinant de constater à quel point certaines figures iconiques de l’histoire, vénérées aujourd’hui, ont traversé leur époque dans l’incompréhension et le rejet.

Cus D’Amato, l’un des plus grands coachs de boxe de tous les temps, n’échappe pas à cette réalité. Bien qu’il ait façonné des champions tels que Mike Tyson, Floyd Patterson, et José Torres, son parcours a été marqué par les critiques, la solitude et l’opposition.

Cus n’avait aucun palmarès en tant que boxeur. Pourtant, sa vision et sa passion pour la boxe l’ont propulsé au sommet du coaching mondial.

Il refusait de céder aux pratiques douteuses de son époque, comme les paris truqués, restant fidèle à son intégrité. Cela lui a valu l’admiration de certains, mais surtout le mépris de beaucoup.

Ce processus, où l’âme et la flamme d’un individu sont éprouvées avant d’être glorifiées, résonne profondément dans l’histoire humaine.

Jésus, Sénèque, ou encore Socrate ont également été persécutés, incompris dans leur chair et leur esprit, avant d’être élevés au rang de modèles intemporels.

De la même manière, Cus D’Amato a dû faire face à l’adversité pour devenir le symbole du coach visionnaire et intègre que nous célébrons aujourd’hui.

🦋🐝 Muhammad Ali le disait aussi...

Muhammad Ali, tout comme Cus D’Amato, a dû faire face à l’adversité et à l’incompréhension de son époque.

Dans une Amérique encore profondément marquée par le racisme, il fut l’un des premiers hommes noirs à proclamer haut et fort qu’il était un « beau homme noir », défiant les stéréotypes et même l’opinion de certains Afro-Américains, qui voyaient son audace comme de l’arrogance.

Son refus catégorique de participer à la guerre du Vietnam et sa conversion à l’islam furent également des actes qui suscitèrent mépris et rejet, le plaçant en décalage avec une grande partie de la société.

Cependant, avec les années et la maladie de Parkinson qui affaiblit le champion, la perception changea. L’arrogant boxeur devint une figure de compassion, suscitant une sorte de pitié chez ceux qui l’avaient auparavant critiqué. Pourtant, comme Ali l’écrivait avec lucidité dans son autobiographie L’Âme du papillon – Les saisons de ma vie :

« Ils ont commencé à m’adorer lorsque j’étais malade, pensant que j’étais devenu humble. Alors qu’en fait, je ne pouvais tout simplement pas parler ! »

Une déclaration qui reflète une vérité universelle : les visionnaires et les grandes figures doivent souvent être brisés ou diminués pour que la société, dans sa lente compréhension, finisse par reconnaître leur grandeur.

Tu n'apprendras rien en venant avec ton EGO 💀

Réfléchir à la pédagogie de Cus D’Amato m’amène à une autre interrogation sur ma propre manière de transmettre. Cus était autoritaire dans sa pédagogie, mais toujours pour le bien de ses boxeurs. Il savait ce qu’il faisait et ne laissait aucun détail au hasard. Son fort caractère est illustré par une histoire célèbre : après que Mike Tyson ait battu un gaucher, Cus l’a sévèrement réprimandé.

Non pas à cause de la victoire, mais parce qu’il estimait qu’un boxeur gaucher ne permettait pas aux spectateurs de s’identifier pleinement. Cette anecdote illustre une pédagogie axée sur une vision globale du sport, parfois incomprise, mais incroyablement efficace.

Cette réflexion m’interpelle particulièrement lorsque je pense aux jeunes qui viennent dans mes camps. Beaucoup arrivent avec des certitudes, leur ego solidement ancré. Ils veulent prouver qu’ils savent déjà, qu’ils n’ont pas besoin de se laisser guider.

Pourtant, l’ego est le plus grand obstacle à l’apprentissage. Lorsque l’on refuse de remettre en question ses habitudes ou de plonger dans l’inconnu, on se ferme aux opportunités de progresser.

J’ai vu des jeunes refuser d’adopter une nouvelle approche sous prétexte que ce n’était « pas fait pour eux », alors qu’il ne s’agissait que d’un changement de paradigme, un ajustement technique ou mental. Mais cette résistance mentale est souvent plus forte que la difficulté physique.

Et pourtant, ceux qui acceptent de se confronter à leurs limites, de plonger dans ce vide où tout semble inconnu, sont ceux qui obtiennent les résultats les plus spectaculaires.

Ignoré par son coach

Je repense à ce jeune boxeur, ignoré par son coach d’origine, qui est venu dans mon camp au début de l'année 2024.

Après s’être laissé guider et avoir mis son ego de côté, il a fini par surprendre tout le monde, botter les fesses de l’élève préféré de son ancien coach. Cette victoire n’était pas simplement physique, elle était le fruit d’un abandon à l’apprentissage, d’un courage face au changement.

D’ailleurs, cette réflexion, je l’explique davantage dans cet article. En lisant et en regardant la vidéo ci-dessous, tu comprendras mieux pourquoi cette question me hante, et pourquoi je me permets parfois d’être dur dans ma manière d’enseigner.